Le vol en biplace : déroulement, tarifs et conseils pour bien le vivre
Rendez-vous, préparation, décollage, vol, atterrissage : tout ce qui se passe pendant un baptême de parapente, ce qu'on attend de vous et comment bien le vivre.
Homologation, taille, poids, neuf ou occasion, sellette et secours : tout ce qu'il faut savoir avant d'acheter son premier équipement, sans se tromper.

C'est l'un des moments les plus excitants de la vie d'un pilote, et l'un des plus risqués pour le portefeuille : l'achat de la première voile. Les catalogues sont pleins de couleurs magnifiques, les forums regorgent de conseils contradictoires, et chacun a une « bonne affaire » à vous proposer. Pourtant, la bonne question n'est pas « quelle est la meilleure voile ? », mais « quelle est la meilleure voile pour moi, aujourd'hui ? ». Voici comment y répondre sans se tromper.
La première règle tient en une phrase : n'achetez pas avant d'avoir volé. Un stage d'initiation, puis de perfectionnement, vous donne ce qu'aucun catalogue ne peut vous donner : des sensations en vol, un avis de moniteur et, surtout, le sentiment concret de ce que veut dire « une voile qui rassure ». Beaucoup de pilotes qui achètent trop tôt regrettent leur choix, soit parce qu'ils ont pris une voile trop exigeante pour leur niveau, soit parce qu'ils ont acheté sur un coup de cœur une taille qui ne leur convient pas.
Le bon moment, en général, c'est quand vous commencez à savoir que vous voulez continuer dans le parapente. En même temps que vous vous dirigez vers le brevet initial qui atteste que vous savez voler seul sur un site connu, par temps calme, avec du matériel adapté, vous pouvez vous équiper. Le mot « adapté » compte : une voile choisie avec votre moniteur, après quelques essais si possible, est un gage de sérénité pour vos saisons à venir.
Le meilleur choix, c'est donc une voile conseillée par votre moniteur : il vous a vu voler, il connaît votre niveau, votre poids et vos sites, et il sait ce qui vous convient aujourd'hui. Chez Ressources Parapente, par exemple, toutes les voiles que vous utilisez en stage sont disponibles à l'achat, à un prix très intéressant : vous achetez une voile que vous avez déjà pilotée et que votre moniteur connaît.
Les voiles de parapente sont certifiées selon deux normes européennes. La première, EN 926-1, vérifie la résistance de la structure : test de choc, charge à plusieurs fois le poids du pilote, endurance des suspentes. La seconde, EN 926-2, évalue le comportement en vol : des pilotes d'essai effectuent une série de tests à poids minimum et à poids maximum, sur toute la gamme de vitesses. À l'issue, la voile est classée de A à D.
La classe A est celle des voiles à la sécurité passive maximale, au comportement très tolérant : elles pardonnent les erreurs de pilotage et reviennent d'elles-mêmes en vol normal après une perturbation. C'est la classe obligatoire en école pour les élèves, et c'est celle qu'on recommande pour une première voile. La classe B offre une sécurité encore élevée, mais demande davantage de pilotage ; elle s'adresse à des pilotes en progression qui volent régulièrement. Les classes C et D sont des ailes de performance, voire de compétition, qui exigent un pilotage précis et beaucoup d'expérience : elles n'ont rien à faire dans un premier achat, même si le vendeur vous dit que « ça ira ».
Une précision utile : certaines voiles sont certifiées dans plusieurs classes selon la taille ou le chargement. Une même voile peut ainsi être classée A pour certaines tailles et B pour d'autres. Lisez bien la fiche technique pour la taille que vous visez, et pas seulement le titre de la page.
On ne choisit pas une taille de voile selon sa propre taille, mais selon son poids total en vol, le PTV. Il additionne tout ce qui pend sous la voile : vous, vos vêtements, le casque, la sellette, le parachute de secours, les accessoires, et la voile elle-même. C'est toujours plus que ce qu'on pense : un pilote de 75 kg dépasse facilement les 90 kg une fois équipé.
| Ozone Ultralite 5 : taille | 13 | 15 | 17 | 19 | 21 | 23 | 25 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Surface à plat (m²) | 12,9 | 14,9 | 16,9 | 18,9 | 20,8 | 22,8 | 25,1 |
| Poids en vol certifié, PTV (kg) | 55-90 | 55-90 | 55-90 | 55-95 | 55-100 | 65-110 | 75-120 |
| Poids de la voile (kg) | 1,44 | 1,59 | 1,76 | 1,93 | 2,07 | 2,23 | 2,41 |
| Homologation | — | — | EN C | EN B | EN A | EN A | EN A |
Chaque taille de voile est homologuée pour une plage de PTV, indiquée par le constructeur. Le principe est simple : votre PTV réel doit se situer dans cette plage, et pas à l'extérieur. Mais à l'intérieur, vous avez une marge de choix. Plus on est chargé, plus la voile vole vite, comme nous l'expliquons dans L'équation de sustentation ; plus on est léger dans la plage, plus la voile est douce, avec un décollage et un atterrissage plus progressifs. Pour débuter, on vise généralement le milieu de la plage, et on évite le haut de fourchette. Si vous hésitez entre deux tailles, c'est une question à poser à votre moniteur, qui vous connaît et connaît vos conditions de vol.
Les voiles « légères » ou « ultra-légères » séduisent par leur poids réduit, très appréciable en randonnée. Elles utilisent des tissus plus fins, ce qui les rend un peu plus chères. Si la marche d'approche fait partie de votre projet, les voiles légères de classe A existent, mais elles se choisissent en connaissance de cause, avec un conseil.
Les prix d'une voile de classe A neuve tournent autour de 3 000 euros, ce qui explique la tentation de l'occasion. Pourquoi pas, à condition d'ouvrir l'œil. Une voile d'occasion est un achat de confiance : on achète autant l'histoire de la voile que la voile elle-même. Nous conseillons de ne pas acheter sa première voile hors école car vous n’aurez aucun conseil et le matériel n’est pas garanti. Toutes nos voiles que vous utilisez en stage sont également à vendre : vous pouvez ainsi repartir avec une voile qui vous convient, que vous avez testée et que nous vous avons conseillée, à un prix réduit par rapport au neuf.
Un équipement de vol, c'est un ensemble, et sa sécurité est celle de son maillon le plus faible. Trois autres éléments méritent autant d'attention que la voile.
La sellette doit être certifiée selon la norme EN 1651 et équipée d'une protection dorsale certifiée. Elle doit être réglée à votre morphologie, pour un bon maintien en l'air et une transition facile entre la position assise et debout au décollage et à l'atterrissage. Elle doit aussi comporter une poche de secours que l'on atteint facilement d'une main, avec une poignée et un système d'extraction éprouvés.
Le parachute de secours doit être certifié selon la norme EN 12491. Il doit être adapté à votre PTV : un secours trop petit donne un taux de chute trop élevé à l'impact, avec un risque de blessure grave. La norme exige que le taux de chute ne dépasse pas 5,5 mètres par seconde au poids maximal certifié. Il en existe de plusieurs types : les secours ronds, les plus classiques, simples et peu chers mais plus sujets aux oscillations ; les secours carrés, plus stables et plus rapides à s'ouvrir ; et les secours légers pour la randonnée, plus compacts mais aux matériaux plus délicats. Autre point souvent négligé : un secours doit pouvoir sortir de sa poche. On vérifie donc qu'il tient bien dans la sellette et on fait un test d'extraction sur portique lors du montage, pour s'assurer que la poignée, l'aiguille et le jonc se libèrent sans accroc. Pensez aussi à la date de pliage.
Le casque est certifié selon la norme EN 966 : test de perforation, absorption des chocs, résistance de la jugulaire. Casque et protection dorsale font partie des équipements de protection individuelle de catégorie 2, avec marquage CE et suivi, notamment une date de fabrication et une durée d'utilisation recommandée. Un vendeur sérieux doit pouvoir vous fournir la notice et le suivi de ces équipements. Et pour l'occasion : méfiez-vous d'un casque ou d'une sellette qui a subi un choc, même réparée.
La première est d'acheter une voile plus performante « pour ne pas avoir à en changer dans deux ans ». C'est le meilleur moyen de moins voler, parce qu'une voile trop exigeante fait peur. La deuxième est d'acheter sur Internet une taille limite, sans l'avoir vue ni conseillée. La troisième est de composer un équipement avec des pièces d'occasion de provenances diverses, sans historique, notamment pour la sellette et le secours. La dernière est de négliger les révisions : une voile en bon état n'est pas une voile qu'on ne contrôle jamais.
Chez Ressources Parapente, nous vous aidons à choisir : votre niveau, votre poids, vos sites, votre budget. Nos stages sont l'occasion d'essayer différentes voiles de classe A, toutes disponibles à l'achat à un prix très intéressant, et notre boutique présente des voiles neuves, dont l'Advance Alpha 8 et l'AirDesign Eazy 4, des voiles de classe A conçues pour l'apprentissage. Pour une question précise, contactez-nous.
Cet article s'appuie sur les fiches de formation DEJEPS consacrées aux normes du matériel, aux équipements de protection individuelle, aux brevets fédéraux et aux critères de choix du matériel de vol.
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