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La peur du vide et le stress en parapente : comprendre et apprivoiser

Peur, stress, euphorie, fatigue : comment fonctionne le cerveau d'un pilote, et quelques outils simples pour garder la tête claire avant et pendant le vol.

Joseph · 7 min de lecture
Suite réservée aux élèves
La peur du vide et le stress en parapente : comprendre et apprivoiser
Photo : AirDesign

Nos stagiaires et plus encore nos passagers de biplace nous posent souvent la question. « Vous n'avez jamais peur ? » Honnêtement, si, un peu. Et c'est plutôt bon signe. Une peur qui vous fait vérifier votre sellette, regarder le ciel ou renoncer quand quelque chose ne va pas est une alliée. Le problème vient du stress qui paralyse, de l'euphorie qui aveugle ou de la fatigue que l'on ne voit pas. Comprendre comment fonctionne votre cerveau vous aide à garder la main.

La peur du vide, de quoi parle-t-on ?

La première inquiétude des futurs pilotes est la peur du vide, le vertige. Elle varie beaucoup d'une personne à l'autre. En l'air, elle gêne souvent moins qu'au bord d'un précipice. Sous une voile, on est à l'air libre et sans repère vertical immédiat, avec une sensation de glisser plutôt que de tomber. Beaucoup de personnes sujettes au vertige disent que le parapente n'a rien à voir avec ce qu'elles ressentent au bord d'un balcon. Le moment le plus délicat est souvent le décollage, avant d'être en l'air. On a surtout peur de l'inconnu et du geste à accomplir. Chez beaucoup de pilotes, cette peur s'estompe dès que la voile porte.

Si elle vous préoccupe, parlez-en à votre moniteur. C'est une information utile qui lui permet d'adapter le vol ou la séance. Voir aussi Le vol en biplace.

Deux façons de fonctionner, automatique et adaptatif

Les psychologues distinguent deux grands modes de fonctionnement du cerveau.

Mode automatique et mode adaptatif

Le mode automatique est celui des gestes répétés comme ouvrir une porte, boire ou marcher. Il est rapide et consomme très peu d'énergie, et on peut faire autre chose en même temps. Mais il atteint vite ses limites quand la situation est complexe ou inhabituelle. Le mode adaptatif permet de faire face à la nouveauté et aux situations complexes ou qui demandent une gestion différente. Écrire avec la main non dominante en est un exemple. Il est plus lent et demande de l'énergie.

En parapente comme ailleurs, une bonne performance s'appuie sur les deux. À mesure que vous progressez, des gestes qui demandaient toute votre attention deviennent automatiques. Gonfler, courir ou tenir les commandes par exemple. Cela libère de la place pour regarder le ciel, le terrain et les autres. Mais attention. Quand on est fatigué, on peut passer en mode automatique alors que la situation demanderait de l'attention. C'est l'une des raisons qui rendent la fatigue dangereuse. Elle nous fait agir par routine au moment même où il faudrait réfléchir.

À quoi sert la peur ?

Au fond de notre cerveau, une structure ancienne détecte les dangers et déclenche la peur, la défense ou la fuite. On l'appelle parfois de façon imagée le cerveau « reptilien ». C'est un système précieux qui nous a permis de survivre. Il active la production de l'hormone du stress, le cortisol. À court terme c'est utile. Le cœur bat plus vite, l'attention se resserre et on est prêt à réagir. Un stress prolongé coûte cher en revanche. Sécrété trop longtemps, le cortisol peut réduire la production de globules blancs et rendre plus sensible aux maladies. Une peur qui dure a donc un coût.

Mieux vaut écouter la peur, la comprendre et y répondre que chercher à l'étouffer. Qu'est-ce qui m'alerte vraiment ? Un fait objectif (le vent a changé), un doute sur mon matériel ou un manque de préparation ? Si c'est un fait, on agit. Si c'est une angoisse diffuse, on la nomme et on la partage.

Nos angoisses peuvent aussi fausser nos décisions sans que l'on s'en rende compte. C'est le sujet de l'article Les biais cognitifs en parapente.

La suite est réservée aux élèves de l'école

Au programme de la suite :

  • Savoir dire comment on va
  • L'euphorie, l'ego, le sentiment de « l'autre en sait autant que moi »
  • Des outils pour garder la tête claire
  • Quand demander de l'aide

Entrez le code remis pendant votre stage pour lire la suite de l'article.

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