Le parachute de secours : choisir, plier, savoir le lancer
Taille, normes, pliage en dix-huit étapes, extraction sur portique, critères pour le lancer : tout ce qu'un pilote doit savoir de son parachute de secours.
Échelle de turbulence, contrat de sécurité, zones verte, orange et rouge : les outils pour voler en ascendance sans se mettre en danger, et savoir quand poser.

Le thermique est la récompense du pilote. Il permet de rester en l'air, de monter, de découvrir le paysage d'en haut et parfois de partir en vol de distance. C'est aussi la phase où l'on s'expose le plus. Il y a la turbulence, les autres pilotes tout proches, le relief et une fatigue qui s'accumule sans prévenir. Pour voler longtemps sans prendre trop de risques, il faut apprendre à se situer, à évaluer ses marges et à décider tôt. Voici quelques outils simples pour cela.
Chacun ressent la turbulence à sa façon. Une échelle de 0 à 3, très simple, permet à chaque pilote de s'auto-évaluer et de communiquer avec un langage commun.
Au niveau 0, tout va bien. On est détendu et on pourrait lâcher les commandes. Au niveau 1, ça bouge mais pas besoin de se concentrer, car les automatismes suffisent. Au niveau 2, c'est turbulent. Le pilotage demande beaucoup de concentration et la fatigue arrive vite. On peut tenir de trente minutes à une heure au maximum. Au niveau 3, c'est trop fort ou l'on est épuisé, et on pose.
Cette échelle ne mesure pas seulement la masse d'air. Elle mesure aussi ce que celle-ci demande au pilote. La même turbulence peut être un niveau 1 pour un pilote expérimenté et un niveau 3 pour un autre. C'est pourquoi on la donne à voix haute, à la radio pendant le vol ou au débriefing. Elle permet de comparer les perceptions et de travailler la conscience de la situation. Pour aller plus loin, on peut tenir deux échelles séparées. L'une pour la fatigue, l'autre pour l'intensité ressentie de la turbulence. On travaille ainsi l'épuisement sur le long terme.
Dans un groupe, la sécurité repose sur la responsabilité de chacun. Ce contrat, qu'un bon moniteur construit avec les pilotes dès le premier jour, tient en trois points.
Chaque pilote est responsable de son matériel (voile, sellette, secours, radio et téléphone). Il est responsable de ses distances avec les autres pilotes et avec le relief, et de sa marge pour rejoindre l'atterrissage. Il est aussi libre de décider. Il peut aller poser parce qu'il est trop fatigué ou que l'aérologie est trop turbulente pour lui. Il peut ne pas voler, ou faire secours.
On a le droit de dire non, de poser ou de renoncer, sans avoir à se justifier. En stage, cela ne dispense pas de suivre les consignes du moniteur. Mais cela change l'atmosphère. Le pilote n'est pas un exécutant, il est le premier responsable de son vol.
En thermique, il est difficile d'évaluer ses marges. On est en mouvement et le relief défile, tout comme les autres pilotes. Une façon simple de se repérer est de se donner un cadre en trois zones.
La zone verte est celle où l'on est bien placé. L'altitude est confortable, la distance au relief suffisante et le terrain d'atterrissage accessible. On continue. La zone orange marque la limite de la zone de sécurité. On a moins de marge, alors on se corrige soi-même et on se replace. La zone rouge est dangereuse. On est sous le vent, à la limite de pouvoir rentrer, trop bas ou trop loin du terrain. On rentre sans attendre.
Cette grille s'adapte à chaque site. On la définit avant le vol en regardant la carte et le terrain. Parmi les situations rouges, il y a le vent qui forcit en altitude (on redescend immédiatement) et le risque de perdre le groupe de vue. Il y a aussi le passage sous le vent d'un relief, ou une hauteur trop faible pour rejoindre confortablement l'atterrissage.
Le vent qui forcit en altitude et les zones sous le vent sont expliqués dans Les vents de montagne.
Au programme de la suite :
Entrez le code remis pendant votre stage pour lire la suite de l'article.
Code incorrect. Vérifiez-le ou demandez-le à l'école.
Pas encore élève ? Découvrez nos stages ou contactez l'école.
Taille, normes, pliage en dix-huit étapes, extraction sur portique, critères pour le lancer : tout ce qu'un pilote doit savoir de son parachute de secours.
Perte d'altitude, prise de terrain, finale : comment construire une approche sûre, choisir entre le L, le U, le S et le 8, et quoi faire quand tout se complique.
Gradient adiabatique, inversion, plafond des thermiques, base des cumulus : apprenez à lire ce graphique qui effraie tant de pilotes.