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Révision d'un parapente : ce que contrôle l'atelier

Inspection visuelle, test de rupture des suspentes, porosité, résistance à la déchirure, calage : le déroulé d'une révision et comment lire le rapport.

Joseph · 7 min de lecture
Suite réservée aux élèves
Révision d'un parapente : ce que contrôle l'atelier
Source : Wikimedia Commons, Peter Ramsebner, domaine public

Quand vous déposez votre voile dans un atelier de révision, elle passe l'équivalent d'une visite médicale. Un technicien la regarde sous toutes les coutures. Il la sollicite et la mesure, puis la compare aux valeurs du constructeur. Voici le déroulé dans l'ordre où il se fait.

Le manuel de votre voile indique à quelle fréquence la faire contrôler, en années ou en heures de vol. En cas de doute sur son comportement, n'attendez pas l'échéance pour la faire contrôler.

Les trois étapes d'une révision : inspection visuelle, tests, contrôle du calage

Première étape, on regarde et on touche

L'inspection visuelle est la plus simple en apparence, et la plus riche en informations. Le technicien ne se contente pas de regarder. Il touche, il tire et fait glisser ses doigts le long des lignes. Il passe d'abord en revue les élévateurs et les sangles, les pattes d'attache, les maillons et les poulies. Puis il contrôle les suspentes faisceau par faisceau, des basses vers les hautes. Il finit par la voile elle-même, l'intrados et l'extrados, la structure interne, les joncs et les freins.

Il cherche une coupure, un fil qui sort, un accroc ou une déformation. Il guette aussi les traces de chaleur, de produit chimique ou de moisissure. Cette étape oriente les mesures qui suivent, car il testera là où il a des doutes.

ÉlémentCe que l'on cherche
Élévateurs, sangles, maillonsUsure, fils qui sortent, déformations, corrosion
SuspentesCoupures, gaine abîmée, nœuds, usure aux freins
Intrados et extradosAccrocs, déchirures, traces de chaleur ou de produits
Structure interne, joncsNervures décousues, joncs cassés ou pliés
FreinsPoignées, drisses, points d'attache

Deuxième étape, on mesure

Les mesures suivent des protocoles comme la charte Paracheck en France, qui fixe la méthode et les seuils. Les valeurs de référence viennent d'abord du constructeur (manuel de vol, données publiques). À défaut, on utilise celles du document de la PMA, l'association des fabricants de parapentes. En dernier recours, on s'appuie sur un consensus entre ateliers. Quatre mesures structurent l'examen.

MesureCe qu'elle ditCe qu'on regarde
Rupture de suspenteLa résistance des suspentesLa charge à la rupture, comparée au seuil de réforme
PorositéL'étanchéité du tissu à l'airLe temps que met l'air à traverser la toile
Résistance à la déchirureLa solidité du tissuLa force pour amorcer la déchirure
CalageLa géométrie des suspentesLes longueurs, comparées au plan

La rupture de suspente. On teste au minimum la suspente qui devrait être la plus sollicitée et qui n'a pas encore été testée. On compare sa charge de rupture à deux valeurs. La première est la valeur nominale donnée par le constructeur (à défaut, celle de la matière brute multipliée par 0,9). La seconde est une valeur de réforme, en dessous de laquelle la suspente doit être remplacée. De cette comparaison naît une « marge », dont nous parlons en détail dans Comment interpréter un rapport de contrôle de voile.

La porosité. Elle mesure la facilité avec laquelle l'air traverse le tissu, et donc l'état de l'enduction. Seules les mesures prises sur l'extrados comptent dans l'état de la voile. Celles de l'intrados peuvent figurer à titre indicatif. On fait cinq mesures et on en tire la moyenne. Elles se prennent sur l'alvéole centrale, sur les dernières alvéoles ouvertes à droite et à gauche, et sur les alvéoles médianes entre elles. Dans le sens de la corde, on mesure entre 5 et 30 % de la corde à partir du bord d'attaque, comme le préconise la PMA.

La résistance à la déchirure. On tire sur le tissu jusqu'à ce qu'il se déchire. On le fait à plusieurs endroits repérés aussi précisément que possible, au minimum sur l'extrados et sur une cloison, parfois sur l'intrados. La force de rupture s'exprime en décanewtons (daN) et se compare à un seuil minimum admis.

Le calage. C'est l'étape géométrique, que l'on aborde ci-dessous.

La suite est réservée aux élèves de l'école

Au programme de la suite :

  • Troisième étape, le calage
  • Avant de déposer sa voile
  • Combien de temps, combien de fois ?
  • Les questions à poser à l'atelier
  • Que faire des résultats ?
  • Les matériaux en jeu

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