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Comment interpréter un rapport de contrôle de voile

Marge des suspentes, porosité, déchirure, calage : apprenez à lire le rapport de votre atelier, ligne par ligne, et à savoir quand s'inquiéter.

Joseph · 9 min de lecture
Suite réservée aux élèves
Comment interpréter un rapport de contrôle de voile
Photo : AirDesign

Vous récupérez votre voile à l'atelier. Le technicien vous tend un rapport de plusieurs pages avec des colonnes de chiffres, des « VR », des « VB », des états en couleurs et un verdict final. On le range souvent sans bien savoir ce qu'il fallait comprendre. Pourtant il se lit assez facilement une fois qu'on connaît quelques repères, un peu comme un bulletin de notes.

Pour savoir ce que fait l'atelier pendant la révision, commencez par Révision d'un parapente.

VR et VB, deux mots à connaître

Deux abréviations reviennent tout le temps dans un rapport conforme à la charte Paracheck. VR signifie « valeur pour réforme ». En dessous de cette valeur, l'élément est à remplacer. VB signifie « valeur pour bon ». Au-dessus, l'élément est dans un état satisfaisant. Entre les deux, on est dans une zone d'attention. Ces seuils viennent en priorité du constructeur ; à défaut, de documents professionnels de référence, et en dernier recours d'un consensus entre ateliers.

Le rapport traduit ensuite chaque mesure par un état sur une échelle à cinq niveaux (réforme, limite, assez bon état, bon état, très bon état). Vous voyez ainsi d'un coup d'œil ce que veut dire un chiffre.

Partie du rapportCe que l'on y lit
IdentificationLa voile, son numéro, les dates, le technicien
SuspentesLes mesures de rupture et la marge de chacune
PorositéLa moyenne de plusieurs mesures, comparée au seuil
DéchirureLa force nécessaire pour déchirer le tissu
CalageBon ou réforme, selon la géométrie
VerdictL'appréciation globale de l'atelier

Les suspentes et la fameuse marge

C'est la partie la plus surprenante quand on la découvre. Le rapport ne dit pas seulement « la suspente a cassé à 74 daN ». Il dit en pourcentage à quel point elle est loin de sa limite. Trois chiffres entrent en jeu. La valeur nominale est donnée par le constructeur. La valeur de réforme est celle en dessous de laquelle on remplace. Et la mesure est celle faite sur la suspente testée. La marge se calcule ainsi.

marge = (mesure − réforme) ÷ (nominal − réforme) × 100, arrondie à l'entier inférieur.

Lire la marge d'une suspente dans un rapport de contrôle

Prenons un exemple simple pour que le calcul soit lisible. Imaginons une suspente de valeur nominale 100 daN et de valeur de réforme 40 daN, qui casse à 70 daN. La marge vaut (70 − 40) ÷ (100 − 40) × 100, soit 50. Le rapport l'interprète comme un « bon état ». Dans la grille, une marge inférieure ou égale à zéro signifie réforme. De 1 à 9, c'est limite. De 10 à 24, c'est un assez bon état et de 25 à 74 un bon état. À partir de 75, c'est un très bon état.

Marge calculéeÉtat dans le rapport
0 ou moinsRéforme
De 1 à 9Limite
De 10 à 24Assez bon état
De 25 à 74Bon état
75 ou plusTrès bon état
dans l'exemple, la marge vaut 50 : la suspente est en bon état.

Deux précisions utiles. D'abord, l'atelier teste au minimum la suspente qui devrait être la plus sollicitée et qui n'a pas encore été testée. Le chiffre vous renseigne donc sur la plus fragile, pas sur la moyenne. Ensuite, si le constructeur ne donne pas de valeur nominale, on prend celle de la matière brute multipliée par 0,9.

La porosité, le souffle du tissu

La porosité dit si l'air traverse trop facilement la toile. Le rapport donne une moyenne de cinq mesures prises sur l'extrados. Elles se font sur l'alvéole centrale, sur les dernières alvéoles ouvertes à droite et à gauche, et sur les alvéoles intermédiaires entre elles. On les prend entre 5 et 30 % de la corde à partir du bord d'attaque. Les mesures de l'intrados peuvent apparaître à titre indicatif mais ne comptent pas dans l'état final.

Comme pour les suspentes, le constructeur fixe un seuil de réforme et un seuil de bon état. À défaut, les ateliers utilisent une valeur de consensus de 10 secondes pour la réforme et de 20 secondes pour le bon état, selon le type d'appareil. La lecture est ensuite la même. En dessous du seuil de réforme, c'est la réforme. Juste au-dessus, dans le premier dixième de l'écart entre les deux seuils, on est à la limite. Entre cette zone et le seuil de bon état, c'est « assez bon ». Jusqu'à dix fois le seuil de bon état, c'est « bon ». Au-delà, c'est « très bon ». Les unités dépendent de l'appareil employé. Regardez donc bien les seuils indiqués à côté de la mesure.

La suite est réservée aux élèves de l'école

Au programme de la suite :

  • La déchirure, le test de la solidité
  • Le calage, oui ou non
  • Le verdict final et ce qu'on en fait
  • Une ligne de rapport, pas à pas
  • Quelques cas pratiques
  • Deux ou trois bons réflexes

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