Que faire en cas d'accident en vol libre : alerter, protéger, déclarer
Les bons réflexes quand quelqu'un se blesse au décollage, en l'air ou à l'atterrissage : alerte, sécurisation du site, démarches et déclaration à la fédération.
Taille, normes, pliage en dix-huit étapes, extraction sur portique, critères pour le lancer : tout ce qu'un pilote doit savoir de son parachute de secours.

Le parachute de secours est l'équipement que l'on espère ne jamais utiliser. C'est pourtant de lui que dépend la vie du pilote en dernier recours. Il doit être adapté à votre poids, entretenu, bien plié et bien logé. Et surtout, vous devez avoir décidé à l'avance quand le lancer.
Les parachutes de secours de parapente sont certifiés selon la norme européenne EN 12491. Les épreuves sont sévères. Pour le test de résistance, le secours est largué après une chute libre d'environ cinq secondes. Il arrive alors à une vitesse de l'ordre de 40 mètres par seconde, voire davantage, et doit rester intact à l'ouverture. Son taux de chute ne doit pas dépasser 5,5 mètres par seconde au poids maximal certifié. Un dernier test mesure l'amortissement du mouvement pendulaire, c'est-à-dire la stabilité sous la voilure.
Pour donner un ordre de grandeur, 5,5 m/s correspond à peu près à un saut d'un peu plus d'un mètre cinquante. L'arrivée n'est pas douce. Mais on peut l'encaisser si l'on a le bon réflexe.
Un secours se dimensionne selon le poids total en vol (PTV) du pilote, c'est-à-dire le pilote avec la sellette, la voile et tout le matériel. Le constructeur donne pour chaque modèle une plage de poids certifiée. Un secours sous-dimensionné donne un taux de chute trop élevé à l'impact, avec un risque de blessure grave. Il faut donc rester dans la plage et demander conseil à un professionnel en cas de doute. Si vous changez de voile ou de matériel et que votre poids total évolue, vérifiez-le à nouveau.
Il existe plusieurs familles de secours. Le secours rond ou hémisphérique est le plus classique. Il est simple à entretenir et à installer mais oscille davantage. Le secours carré ou multi-caissons est plus stable et descend souvent moins vite. Enfin les secours légers ou ultra-légers conviennent à la randonnée et au vol-bivouac. Leur volume et leur poids sont réduits mais leurs matériaux sont plus délicats. Le choix dépend de la pratique. Un pilote de loisir qui vole en école et sur des sites classiques n'a pas les mêmes besoins qu'un randonneur qui compte les grammes.
Un bon secours dans une mauvaise poche ne sert à rien. Il doit être compatible avec la sellette. Une fois plié, il doit tenir dans la poche ou le conteneur ventral et sortir sans difficulté. Au montage, on fait donc toujours un test d'extraction sur portique avec la sellette suspendue. On vérifie que la poignée, les aiguilles ou le jonc se libèrent facilement et que le secours sort sans accroc. La poignée doit aussi être facile à attraper d'une main, et le système d'extraction doit avoir fait ses preuves.
Un secours se replie régulièrement, à la fréquence donnée par le constructeur. Un pilote qui ne l'a pas replié depuis longtemps doit le faire contrôler. Le pliage demande du soin et s'apprend avec un professionnel. Voici le déroulé général pour illustrer, en suivant toujours le manuel de son modèle.
On commence par compter les pièces d'aide au pliage (pinces, suspentes d'aide, etc.). À la fin, on saura ainsi qu'on n'en a oublié aucune dans la voilure. On suit la chaîne de connexion d'un bout à l'autre pour la vérifier. On enlève les éventuels tours de twist et on s'assure que l'apex est bien centré dans la coupole. On choisit sa méthode, avec ou sans garcettes. On sort les panneaux en haut et en bas puis on équilibre leur nombre de chaque côté. On sépare le faisceau droit du faisceau gauche, avec la suspente d'apex au centre. On plie dans la largeur selon le manuel, puis dans la longueur. On place ensuite le sac de déploiement (le pod) en retirant la suspente qui tenait les garcettes. On ferme provisoirement les volets du pod. On love les suspentes en laissant environ un mètre, on les rentre dans le pod et on ferme. On vérifie les connexions à la sellette et on range le reste de suspente dans la poche. On place le pod dans le container selon le manuel et on ferme avec les aiguilles ou les joncs. Enfin on fait le test d'extraction et on vérifie que toutes les pièces d'aide au pliage ont bien été retirées.
Chaque étape est simple, mais la rigueur de l'ensemble est ce qui fait la fiabilité du secours. Un secours plié n'importe comment peut ne pas s'ouvrir.
Savoir lancer son secours ne suffit pas toujours. Il faut aussi savoir quoi faire après un incident, comme l'explique Que faire en cas d'accident en vol libre.
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