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Le décollage en sécurité : préparation, gonflage, décision

Check de départ, gonflage, contrôles, décision, envol : les cinq temps d'un décollage réussi, les erreurs classiques et le moment où il faut dire stop.

Joseph · 7 min de lecture
Suite réservée aux élèves
Le décollage en sécurité : préparation, gonflage, décision

Beaucoup d'incidents en parapente arrivent au décollage et à l'atterrissage, plus souvent qu'en plein vol. Ce n'est pas un hasard. Au décollage, tout se joue en quelques secondes avec l'adrénaline, le vent, les autres pilotes qui attendent et une voile qui ne demande qu'à partir de travers. Un décollage en sécurité repose sur une suite de gestes précis, répétés jusqu'à devenir des automatismes.

Les cinq temps d'un décollage

Temps 0, la préparation

Tout se joue avant de toucher la voile. Un décollage en sécurité demande quatre choses réunies. Un matériel en ordre, un bon placement sur la zone de décollage, des conditions adaptées et un pilote prêt. Pour ne rien oublier, on suit une routine de préparation, toujours la même. On ouvre le sac, on met son casque, on prépare la sellette, on vérifie le secours et on allume la radio.

Pour la voile, on en fait le tour pour repérer les risques de cravate (une suspente prise dans une autre). On l'étale en arc de cercle. On vérifie les suspentes en dégageant les freins vers l'extérieur, puis on contrôle que les élévateurs ne sont pas vrillés. Vient ensuite l'installation. Avant de mettre la sellette, on vérifie le secours et la radio. Une fois installé, on s'attache, et c'est le geste le plus important de la journée. Beaucoup de pilotes vérifient dans un ordre fixe, de bas en haut (sangles de cuisses, ventrale, réglages latéraux, sangle de poitrine, épaules, casque). La méthode importe peu tant qu'elle est systématique et suit toujours le même ordre. Elle ne doit jamais s'interrompre en cours de route. Si l'on est dérangé, on la reprend depuis le début.

Deux principes de sécurité s'y ajoutent. D'abord le double contrôle. Le pilote fait son check, puis un moniteur ou un autre pilote le vérifie à son tour. Ensuite on vérifie aussi son état de tête. On jette un coup d'œil sur ses émotions (stress, euphorie), sur son attention (je me concentre sur l'action à venir, je me la représente) et sur son intention (qu'est-ce que je viens faire pendant ce vol ?). Un pilote pressé ou distrait fait des erreurs qu'il ne ferait pas à froid.

Temps 1, le gonflage

Le gonflage consiste à faire monter la voile au-dessus de la tête. Un bon gonflage se reconnaît à une accélération progressive. La voile et le pilote restent en équilibre, sans mouvement de tangage (la voile ne part ni en arrière ni en avant). La course est longue, le cap contrôlé et la trajectoire bien droite. Le pilote cherche une montée symétrique, avec une aile qui garde sa forme sans se déformer.

À ce stade, plusieurs erreurs reviennent souvent. On pousse sur les élévateurs avant au lieu d'accompagner la montée. On donne une impulsion trop forte ou mal dosée, sans gérer son énergie. On court de façon irrégulière, ce qui provoque du tangage. Ou on tient mal les commandes et les élévateurs au départ. Quand on débute, on se contente d'écouter des consignes simples comme « on marche », « impulsion », « tranquille », « accélère », « lâche les avants », « regarde devant ». Et on respire.

Temps 2, la réception et les contrôles

La voile est au-dessus de la tête. Il faut alors la « recevoir », c'est-à-dire la stabiliser. La réception est dosée et le tangage maîtrisé (la voile ne dépasse pas et ne reste pas en arrière). Le roulis aussi est maîtrisé (elle ne part pas d'un côté), le cap est contrôlé et le regard bien placé. Ce moment compte, car c'est là que l'on contrôle vraiment la voile avant de décider quoi que ce soit.

La même rigueur vaut pour la fin du vol, comme on le voit dans L'atterrissage.

La suite est réservée aux élèves de l'école

Au programme de la suite :

  • Temps 3, la décision
  • Temps 4, la mise en glisse et l'envol
  • Savoir dire stop
  • Les situations à risque, toujours les mêmes
  • Le rôle de la radio

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