Les vents de montagne : brises, thermiques et rotors
Vent synoptique, brises de pente et de vallée, effet de crête, rotors : comprendre les vents qui font et défont une journée de vol en montagne.
De la carte à 500 hPa jusqu'à la manche à air du décollage : une méthode en quatre niveaux pour décider sereinement de voler, d'écourter ou de renoncer.

Pour préparer un vol, on peut simplement ouvrir une application météo, regarder le soleil annoncé et la force du vent, puis se rendre sur le site. Mais on peut aussi prendre le temps d'analyser la situation, du général au particulier, en vérifiant à chaque étape que les prévisions sont cohérentes avec ce que l'on cherche à savoir.
Cette deuxième approche permet de mieux comprendre les conditions météo et de limiter les mauvaises surprises. L'idée est de suivre une méthode simple, en quatre étapes, que l'on peut appliquer en quelques minutes une fois qu'on en a pris l'habitude.
L'analyse commence en altitude avec la carte à 500 hPa qui représente une surface de pression constante qui se situe en moyenne vers 5 500 mètres, où la température est généralement proche de −20 °C. Elle permet de comprendre la situation météo à grande échelle.
On y trouve des lignes appelées isohypses qui ressemblent aux isobares des cartes au sol. Elles relient les points où le géopotentiel est identique et sont généralement espacées de 40 mètres, soit 4 décamètres géopotentiels. Plus elles sont rapprochées, plus le vent est fort.
Pour simplifier, on peut retenir que les isohypses jouent un rôle comparable à celui des isobares : les zones de hauts géopotentiels sont souvent associées aux anticyclones, tandis que les bas géopotentiels correspondent généralement aux dépressions.

Quatre figures sont à connaître.
La dorsale, aussi appelée crête barométrique, est une zone allongée de hauts géopotentiels. Elle est souvent associée à un temps calme et stable, ou à une amélioration des conditions météo.
À l'inverse, le thalweg, ou creux barométrique, est un axe de bas géopotentiels, généralement en forme de U plus ou moins ouvert à nos latitudes. Il est souvent associé à un temps perturbé.
Le col se situe entre deux dorsales et deux thalwegs. Les vents y sont généralement faibles et le temps peut être variable, car il s'agit d'une zone de transition entre différentes configurations météo.
La goutte froide est une poche d'air très froid en altitude, isolée de la circulation principale qui l'alimentait. Sur une carte à 500 hPa, elle peut apparaître avec une température de −26 °C, alors que l'air environnant se situe entre −18 et −22 °C. Elle favorise souvent l'instabilité et les averses de pluie, de neige ou de grésil. Selon sa position, elle peut également favoriser des remontées d'air doux et humide depuis la Méditerranée.
En comparant la carte à 500 hPa avec celle de la surface, on retrouve généralement une certaine cohérence : les hauts géopotentiels en altitude sont souvent associés aux anticyclones en surface, tandis que les bas géopotentiels correspondent plutôt aux dépressions. Il existe toutefois des exceptions, notamment les anticyclones et les dépressions d'origine thermique, qu'il est utile de connaître.
On passe ensuite aux cartes de pression au niveau de la mer. Il s'agit de repérer les centres d'action (anticyclones et dépressions), les zones de marais barométrique où la pression varie peu, les zones où les isobares se resserrent et où le vent forcit. On regarde aussi les fronts donc les nuages et les précipitations associés. Pour apprendre à lire ces cartes, voyez Lire une carte météo et Les fronts.

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