Les fronts : chaud, froid, occlusion, et ce qu'ils changent pour le vol
Front froid, front chaud, occlusion : comment les reconnaître sur une carte, dans le ciel, et pourquoi ils décident si l'on vole ou pas.
A, D, 1013 hPa, isobares serrées : apprenez à lire une carte de pression et à en déduire le vent et le temps qu'il fera.

Ouvrez n'importe quelle carte météo d'Europe et vous y verrez des lignes courbes, des A et des D, des chiffres comme 1013 ou 1025. C'est souvent la première chose que regarde un pilote qui prépare un vol, parce qu'elle donne en quelques lignes le cadre du temps des jours à venir. Voici comment la lire.
Les lignes que l'on voit sont des isobares, chacune relie tous les points qui ont la même pression atmosphérique. Elles sont tracées de 4 en 4 ou de 5 en 5 hectopascals (hPa) selon les services météo, avec la valeur écrite sur la ligne. La pression moyenne au niveau de la mer est de 1013 hPa. Au-dessus, on parle de haute pression, en dessous de basse pression.
La meilleure façon de comprendre cette carte est de la comparer à une carte topographique. Sur une carte de randonnée, des courbes de niveau serrées signalent une pente raide ; espacées, elles indiquent un terrain plat. Les isobares fonctionnent de la même façon. Plus elles sont serrées, plus la pression change vite sur une courte distance, et plus le vent est fort. Des isobares espacées signifient peu ou pas de vent. En un coup d'œil, vous repérez donc les zones calmes et les zones ventées.
En mer, des isobares tracées de 4 en 4 hPa et espacées de 100 km correspondent à une tempête, avec plus de 100 km/h de vent mais espacées de 300 km, elles donnent un vent d'environ 40 km/h. Sur terre, le frottement du sol freine le vent, et le relief le dévie.
Les cartes sont dominées par des « centres d'action », des zones où la pression est maximale ou minimale.
L'anticyclone est une zone de haute pression, notée A (ou H, pour High) sur les cartes. À l'intérieur, la pression est supérieure à 1013 hPa. L'air y est subsident, il descend lentement depuis les couches supérieures. En descendant, il se réchauffe et s'assèche, ce qui dissout les nuages. On a donc en général un temps clair, une masse d'air sèche et peu de vent. Dans l'hémisphère nord, le vent tourne autour d'un anticyclone dans le sens des aiguilles d'une montre grâce à l’effet de Coriolis.
La dépression est une zone de basse pression, notée D (ou L, pour Low). La pression y est inférieure à 1013 hPa. L'air y est ascendant, il monte, se refroidit, la vapeur d'eau se condense, et les nuages se forment, ce qui entraine un temps nuageux, avec une masse d'air humide et souvent des précipitations. Dans l'hémisphère nord, le vent tourne autour d'une dépression dans le sens inverse des aiguilles d'une montre encore grâce à l’effet de Coriolis.
Pour un pilote, la différence compte. Un anticyclone, c'est (en général) une promesse de beau temps, mais aussi de stabilité, voire d'inversion qui peut empêcher les thermiques de se développer. Une dépression c'est du vent, des nuages, de la pluie, donc souvent une météo où ça ne vole pas.
Le vent souffle des hautes vers les basses pressions, mais la rotation de la Terre le dévie et il finit par tourner autour des centres d'action, à peu près le long des isobares (voir plus bas).
Une règle pratique, la loi de Buys-Ballot, du nom du météorologue hollandais qui l'a énoncée, permet de trouver le vent : dans l'hémisphère nord quand vous tournez le dos au vent, les basses pressions sont à votre gauche et les hautes pressions à votre droite. Par exemple, avec une dépression à l'ouest et un anticyclone à l'est, le vent vient du sud.
Sans la rotation de la Terre, l'air irait droit des hautes vers les basses pressions. Mais la Terre tourne, et tout ce qui se déplace sur sa surface est dévié, c'est l’effet de Coriolis. Dans l'hémisphère nord, il dévie le vent vers sa droite. Un air qui part d'un anticyclone vers une dépression se retrouve donc dévié. Il ne suit plus la pente de pression, il tourne autour des centres parallèlement aux isobares.
Imaginez que vous marchez en ligne droite sur un manège qui tourne. Vos pas sont droits, mais pour quelqu'un qui est resté au sol, votre trajectoire est courbée. Le vent est dans la même situation, car c'est la Terre qui tourne sous lui.
Au sol, le frottement freine le vent, ce qui diminue la déviation, et il traverse alors un peu les isobares, vers l'intérieur d'une dépression et vers l'extérieur d'un anticyclone. En altitude, plus rien ne le freine, il est donc plus fort et suit les isobares. C'est pourquoi le vent tourne vers la droite quand on monte, dans l'hémisphère nord.
Pour voir à quoi ressemblent ces cartes dans les grandes situations de l'année, lisez Les cinq situations météo types en France.
Au programme de la suite :
Entrez le code remis pendant votre stage pour lire la suite de l'article.
Code incorrect. Vérifiez-le ou demandez-le à l'école.
Pas encore élève ? Découvrez nos stages ou contactez l'école.
Front froid, front chaud, occlusion : comment les reconnaître sur une carte, dans le ciel, et pourquoi ils décident si l'on vole ou pas.
Comment naît un orage, les signes qui doivent vous faire atterrir, et les règles qui sauvent en parapente.
Échelle de turbulence, contrat de sécurité, zones verte, orange et rouge : les outils pour voler en ascendance sans se mettre en danger, et savoir quand poser.