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Anticyclone, flux d'ouest, de sud, de nord, retour d'est : cinq grandes situations qui expliquent la plupart des jours de vol, et de non-vol, en France.

La météo change d'un jour à l'autre, mais à l'échelle de la France, la plupart des journées se rangent dans un petit nombre de situations types. Les reconnaître fait gagner du temps, car une fois la situation identifiée, on sait à peu près à quoi s'attendre pour le vent, les nuages, l'instabilité et la volabilité. Voici les cinq situations de base et ce qu'elles donnent pour le vol.
| Situation | Vent à grande échelle | Temps | Pour le vol libre |
|---|---|---|---|
| 1. Anticyclonique | Faible | Beau et sec | Idéal, thermiques en été, inversion en hiver |
| 2. Flux d'ouest | Ouest soutenu | Variable, averses | Crêtes exposées difficiles, sites abrités |
| 3. Flux de sud à sud-ouest | Sud fort | Pluie, orages, foehn | Défavorable |
| 4. Flux de nord à nord-ouest | Nord, mistral | Frais, sec, clair | Vent fort, turbulence |
| 5. Retour d'est | Est | Perturbé au sud-est | Rare, à étudier de près |
C'est la situation du beau temps installé. Elle se présente sous deux formes. Premièrement avec la situation de l'anticyclone des Açores qui remonte sur l'Espagne et la France (surtout en été) ou celle de l'anticyclone de Sibérie qui descend sur l'est de la France en hiver. Dans les deux cas la masse d'air est sèche avec de la subsidence (l'air descend), il y a peu de vent et une pression élevée, de l'ordre de 1 025 à 1 035 hPa. À 500 hPa, on observe une dorsale, c'est-à-dire un axe de hautes pressions en altitude.

En automne et en hiver, la journée type est celle de la mer de nuages avec de la grisaille le matin en plaine et du ciel bleu en montagne au-dessus, pas de vent, et aucune instabilité (donc pas de thermiques). Le vol est possible avec des conditions calme, on descend sans pouvoir monter. Au printemps et en été, c'est un ciel sans nuage, une chaleur qui peut devenir canicule et une grande stabilité dans les vallées avec une inversion de subsidence qui descend jour après jour. On retrouve une instabilité conditionnelle en montagne avec des cumulus et la possibilité d'orages en fin de journée.
Pour un pilote, l'anticyclone donne en général des journées calmes, avec peu de vent et une météo facile à prévoir. Le matin, l'air est stable et lisse. C'est le bon moment pour les vols tranquilles et pour les débutants. En été, le soleil chauffe fort les pentes et les thermiques peuvent devenir puissants en milieu de journée, surtout en montagne.
Trois points demandent pourtant de la vigilance. D'abord l'inversion, une couche d'air plus chaud en altitude qui bloque les thermiques. Plus elle est basse, plus le plafond est bas, et quand elle descend jour après jour, la brume s'accumule en dessous. Ensuite la chaleur de l'après-midi, qui rend les thermiques plus forts, l'air plus turbulent et les brises de vallée plus soutenues. Enfin les orages de montagne, même sous un anticyclone, si l'air est humide en altitude, des cumulus peuvent grossir en fin de journée et donner des orages. On surveille leur évolution dès midi et on se pose avant qu'ils ne se développent.
Les signes à repérer :
Une dépression se centre au nord des îles Britanniques et l'anticyclone des Açores reste à sa place. La France reçoit alors un flux d'ouest venu de l'Atlantique. L'air est doux et humide et le vent d'ouest souffle fort. La pression tourne autour de 1 015 hPa sur le centre de la France. Cette situation peut se présenter toute l'année. À 500 hPa le flux est rapide et orienté d'ouest.

La journée type dépend de l'endroit. Dans le nord et l'ouest de la France la dépression apporte de fortes rafales et souvent des pluies abondantes. Dans le sud-est le vent d'ouest est fort en altitude. Le ciel est chargé de cirrus et d'altostratus. Il peut pleuvoir mais on trouve souvent des créneaux de vol. Dans les Préalpes le vent rend le vol difficile. En montagne on peut voler sur les sites qui ne sont pas trop hauts.
Pour un pilote c'est un régime de vent d'ouest soutenu. On choisit des sites abrités et on évite les crêtes exposées. Il faut aussi se méfier des rotors sous le vent des reliefs.
Les signes à repérer :
Ces passages nuageux sont souvent des fronts. Pour les reconnaître sur la carte et dans le ciel, lisez Les fronts.
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