Suspentes de parapente : gainées ou non gainées, aramide ou Dyneema
Comment sont faites les suspentes, pourquoi elles raccourcissent en vieillissant et ce que cela change pour le calage de votre voile.
De quoi est faite la toile d'une voile, pourquoi elle vieillit et ce que veulent dire les noms de tissus que l'on croise dans les fiches techniques.

On demande à la toile d'un parapente d'être aussi légère qu'un drap fin, aussi solide qu'une bâche et presque étanche à l'air. Elle passe pourtant sa vie à être pliée, étalée, secouée par le vent et traînée dans l'herbe, sous la pluie comme au soleil. Voici comment elle est faite et comment elle vieillit.
Un tissu de parapente associe deux éléments. Le premier est un tissage de fils, souvent en polyamide, c'est-à-dire en nylon. Sur les références les plus courantes, c'est du polyamide haute ténacité 6,6. Le second est une ou plusieurs couches d'enduction, en général à base de polyuréthane. L'enduction rend la toile peu perméable à l'air et lui donne sa stabilité. C'est elle que l'on ménage quand on évite de trop froisser la voile.
Les fabricants ne proposent pas un seul tissu pour toute l'aile. Ils déclinent des qualités selon l'emplacement. Prenons l'exemple de la gamme Skytex du fabricant français Porcher. Un tissu de 26 à 29 grammes par mètre carré enduit de polyuréthane sert à l'intrados et aux ailes légères. Un tissu de 32 grammes sert d'extrados sur les ailes légères. Des tissus un peu plus lourds, de 38 à 40 grammes, couvrent l'extrados près du bord d'attaque, plus exposé. Enfin des versions dites « hard », de 26 à 40 grammes, sont réservées aux renforts et aux cloisons internes, qui demandent de la rigidité.
L'autre grand nom est le fabricant coréen Dominico. Ses tissus, souvent plus brillants à l'œil, ont une enduction qui associe silicone et polyuréthane. On les reconnaît facilement à ce toucher et à cet éclat un peu satiné, comparés à ceux de Porcher.
Beaucoup de toiles de parapente sont des ripstops. Le nom dit tout, « rip » pour déchirer et « stop » pour arrêter. Pendant le tissage, on intègre à intervalles réguliers des fils de renfort plus résistants et souvent plus épais, en général tous les cinq à huit millimètres. Ils dessinent un petit quadrillage visible quand on regarde la toile de près. Si le tissu se déchire, la déchirure s'arrête contre le premier fil de renfort au lieu de se propager.

L'avantage est double. Le rapport entre résistance et poids est excellent, et une petite entaille reste une petite entaille. Les tissus ripstop peuvent être en polyester ou en polyamide, mais le parapente utilise surtout le polyamide. Sur les tissus fins et légers, la structure est presque plate. Les fils plus épais sont tissés dans un ensemble plus fin, sans ajouter d'épaisseur.
Avec le temps, deux phénomènes se combinent. Le premier est la dégradation de l'enduction. Le revêtement perd peu à peu ses qualités et devient plus fragile, et le tissu nu retrouve de l'élasticité. La forme de la structure peut rester correcte mais la voile devient plus perméable. Le second est une déformation permanente du tissu. Les nervures perdent en rigidité et la voile prend peu à peu des formes inhabituelles. On les voit surtout au freinage, en particulier sur les voiles très chargées.
À cela s'ajoutent les agressions du quotidien comme les UV, la chaleur, l'humidité, les pliages répétés et les frottements au sol. On observe aussi des différences d'un lot de production à l'autre, détaillées plus bas.
Le tissu n'est pas seul à vieillir. Les suspentes changent aussi de longueur avec le temps, comme l'explique Suspentes de parapente.
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